« Non au bureau qui protège le gouverneur »:Au Kongo central, la Lucha tire sur le bureau de l’Assemblée

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Le mouvement citoyen “Lutte pour le changement” (Lucha) lance un “sit-in” non stop” à l’Assemblée provinciale du Kongo central. Il exige la démission du bureau de l’organe délibérant qu’il accuse d’incompétence à cause de la question orale adressée qui n’a pas aboutie.

Des affiches expressives: “Non au bureau qui protège le gouverneur!” “Détournement oui. Qui a autorisé ? Qui a refusé la question orale ?” “Le député médiocre!”.

L’action de la Lucha, Steve Mbiyu l’argumente: »Nous sommes venus ici demander au bureau de l’Assemblée provinciale qui est incapable de faire venir le gouverneur ici, de démissionner. Et le bureau qui sera capable de faire venir le gouverneur ici va s’installer. C’est tout. C’est un sit-in non stop. Ça commence aujourd’hui jusqu’à ce que le bureau va démissionner.”, explique Steve Mbiyu, activiste de la Lucha.

Affaire de 6 000 000 de dollars

Tout part de la question orale avec débat adressée à Guy Bandu,le gouverneur par Guylain Phanzu, député provincial élu de Lukula. Il veut des explications sur un prêt bancaire de 6 000 000 de dollars auprès d’ Equity BCDC avec l’autorisation du bureau de l’organe délibérant,deux jours seulement après la clôture de la session budgétaire de septembre dernier. Une démarche qui n’a pas rencontré l’assentiment de Guy Bandu qui, après avoir été saisi officiellement pour y répondre, a dans une correspondance convié le bureau de l’assemblée provinciale à reconsidérer ladite question puisqu’elle ne porte sur “la politique générale du gouvernement”. “Le gouverneur ne peut jamais répondre l’Assemblée provinciale par une lettre. C’est bizarre, inacceptable. Il n’a pas le respect de cet organe . Le bureau de l’Assemblée provinciale est faible pour le moment”, n’admet pas steve.

Conflits à répétition

En dépit du fléchissement de l’Assemblée provinciale, Guylain Phanzu était appelé à reconsidérer sa démarche et à recomposer sa question orale. Contre toute attente, le bureau d’études de l’ Assemblée provinciale la déclare irrégulière. Cette procédure semble non seulement déclencher une guéguerre entre les deux institutions provinciales, mais aussi divise le bureau de la première institution provinciale. La population craint désormais un possible scénario Atou-Matusila. “On commence à constater que ce sont les mêmes conflits qui se répètent. Plus de sept ans, la province ne se développe pas. On a essayé de jauger le vrai problème. Pourquoi l’assemblée et le gouvernement provincial ne s’entendent pas. On a compris, tous ces conflits, ce sont des guerres politiques. Chacun cherche son argent”, conclut Ebote Ketshia, militant de la Lucha.

La démocratie mis à mal

Gulyain Phanzu finit par renoncer à sa démarche car “le bureau de l’Assemblée provinciale en a décidé autrement conformément à leurs convictions personnelles”, en prend-il acte. “Nous sommes là pour mettre les choses au clair. Nous avons voté les députés pour qu’ils soient la voix et l’écoute du peuple dans le mal comme dans le bien. Lorsque le mal fait son apogée et que les députés ne font rien, la population doit faire quelque chose. Nous sommes là pour représenter la population. Nous réclamons la justification de la somme d’argent qui engage la province”. La Lucha fustige cependant le comportement de certains députés qui encouragent le gouverneur à ne pas se présenter à l’hémicycle.