L’Afejuco permet aux entrepreneurs de Matadi de cerner leurs problèmes

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Adolph Mabiola, directeur provincial de l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (Anadec), Kongo central, est à l’écoute des entrepreneurs de cette province. Ceux de Matadi lui ont fait part des problèmes qui minent leurs activités entrepreneuriales à travers une clinique mobile organisée par l’Association des femmes juristes du Congo (Afejuco) Kongo central, au Centre des Jeunes de Mikondo.

Recueillir, connaître les contraintes des entrepreneurs afin de les encadrer est l’essence même de l’Anadec. Adolph Mabiola prête aux entrepreneurs une oreille attentive. Parfait Mbulu qui entreprend dans la vente de la braise lui présente ses difficultés. “J’achète le sac de la braise à 10 000 francs congolais (4,89$), je paie le transport à 6 000 francs congolais (2,93$). A Matadi, dans le dépôt où je garde cette braise, je suis victime de beaucoup de tracasseries: Il faut payer la taxe de 1750 (0,85$) francs congolais alors qu’à Kinshasa ,c’est 500 francs congolais (0,24$). Il y a aussi, le service de l’environnement, de la mairie et autres”. Après avoir recueilli les difficultés que rencontrent Parfait, Adolph lui apporte des éclaircissements. “Vous devez savoir et retenir que toute taxe n’est pas payée en main. Vous pouvez recevoir une personne pour te faire payer 2 000 francs (0,97$). Cela ne veut pas dire que vous n’allez pas payer la taxe de l’État. D’abord, la personne qui veut vous faire payer l’impôt doit se munir de l’ordre de mission signé, ayant un timbre de leur bureau. Vous pouvez aussi vérifier cet ordre de mission. Donc, vous devez connaître vos droits. Ce que vous lui remettez en main risque d’être détourné. Ça peut être légale ou non”, répond-t-il. Le directeur provincial d’Anadec Kongo central fait autant pour les autres.

Objectifs atteints

Les entrepreneurs éclairés promettent rectifier le tirs. « J’ai beaucoup appris de l’expert. Il m’a dit ce que je dois maintenant faire. Je payerai la taxe maintenant qu’à un recouvreur muni de son ordre de mission. Je ne paierai plus de taxes illégales”, décide Parfait Mbulu. “Je suis contente de la réponse de l’expert à ma question. j’ai beaucoup appris. Je ne savais comment calculer. Je veux suivre ses orientations et évoluer dans mon activité”, se réjouit Prephina Ndangi,vendeuse des beignets et du poisson. “Cette sensibilisation a donné des informations que ces entrepreneurs manquaient par rapport à leurs droits et obligations vis-à-vis de l’État dans tout ce qu’ils font sur le terrain, dans les marchés”, apprécie le président du conseil provincial de la jeunesse, Kadi Mbodo Lutete qui demande à l’Afejuco « d’en élargir le champs ».

Messages clés

Dans le cadre d’assainissement du climat des affaires en RDC, dans le projet PADMPME, Afejuco en partenariat avec ONU-femmes, dissémine les textes de lois en faveur de l’entrepreneuriat féminin. Ce vendredi 2 juin, il a été question de la clinique mobile pour cerner les contraintes entrepreneuriales en vue de trouver des solutions spécifiques. L’Afejuco véhicule cinq messages clés. “Entreprendre et travailler, c’est possible pour la femme mariée, car la loi l’autorise ; entrepreneurs, respecter les droits des travailleurs et travailleuses que vous recrutez ; dénonçons le harcèlement sexuel en milieu entrepreneurial ; femmes, jeunes, pour sécuriser et garantir vos affaires, enregistrez votre entreprise à moindre coût et en peu de temps au Guichet unique ; femmes et jeunes, vous pouvez sortir de l’informel en créant une entreprise individuelle”,détaille Me Juguelle,membre de l’Afejuco.

Cette activité est la quatrième de séries que réalise Afejuco en l’espace de trois semaines. Auparavant,il y avait: “Bâtir le partenariat avec les femmes rurales”;la diffusion de la pièce théâtrale « Bongo te tika » et le branding en procédant à l’affichage des autocollants portant les messages clés sur des véhicules.