Depuis un an, Adèle, 8 ans, broie du noir sous la véranda du pavillon orthopédique de l’hôpital général IME Kimpese où pourtant, elle a été admise aux soins après sa fracture, survenue à Nkundi à Luozi, au Kongo central. Démunis, ses parents sont insolvables. Ils appellent à l’aide.
Dans le parvis de l’hôpital général de référence IME Kimpese, béquille à la main, Adele marche clopin-clopan, les yeux hagards. Les deux fragments osseux de son fémur fracturé sont en train d’être solidarisé à l’aide certainement de vis ou de plaques. Elle tire non seulement sa jambe pour s’exercer mais aussi et surtout pour faire la manche, Antho, sa mère, son garde malade aussi. Après s’être décarcassées à trouver quelque chose à mettre sous la dent, elles dorment sur une natte sous la véranda parce que chassé du pavillon orthopédique. « C’est depuis trois ans que nous sommes dans cet hôpital. Notre facture s’élève à 2.800.000 FC (1000 dollars). Nous ne savons où trouver cet argent », larmoie presque Antho.
Selon les habitudes, les patients insolvables de l’IME prennent la poudre d’escampette. Mais Antho se rebiffe. « Les bons soins administrés à mon enfant ne peuvent pas me pousser à m’enfuir avec elle. D’ailleurs, il faut que je revienne parce qu’elle a des vis dans sa jambe », explique-t-elle.
Dans l’entre temps, Adèle ne sait ni lire ni écrire, elle n’est jamais allée à l’école.

