Le vice-Premier ministre belge, ministre des Affaires étrangères, des affaires européennes et de la coopération au développement, Maxime Prévot, a donné des assurances à Judith Suminwa, Première ministre de la RDC, quant à l’engagement de la Belgique à suivre de près l’application des sanctions récemment prononcées contre le Rwanda. Ces sanctions visent l’armée rwandaise, accusée de soutenir le mouvement insurrectionnel du M23 dans l’est de la RDC. Les deux personnalités se sont rencontrées mardi 25 février à Genève, en marge de la 58? session du Conseil des droits de l’homme (CDH).
Lors de cet échange, Maxime Prévot a tenu à rassurer la Cheffe du gouvernement congolais. “Le signal a été donné. Tout le monde a pu converger là-dessus… Ce dont je peux me réjouir, c’est que la communauté internationale qui, à mes yeux, a tardé à réagir – mais la Belgique n’a pas ménagé ses efforts pour porter le débat dans toutes les instances où elle le pouvait s’est enfin réveillée. Elle est désormais disposée à adresser un message clair au Rwanda”, a-t-il déclaré.
Une réunion prévue à Harare pour la mise en œuvre des sanctions
Le ministre belge a également informé Judith Suminwa que le Conseil avait décidé de repousser de quelques jours l’application effective des sanctions. Cette décision vise à observer l’évolution de la situation sur le terrain, notamment en ce qui concerne le cessez-le-feu.
À cet effet, une réunion est prévue à Harare à la fin de la semaine en cours. “Il y a eu la volonté d’attendre les conclusions de cette réunion afin d’assurer une bonne adéquation entre le calendrier des sanctions et l’évolution de la situation sur place. Il faut voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Un ensemble de mesures potentielles est sur la table et pourrait être activé dans les jours ou semaines à venir, en fonction des développements sur le terrain. Une chose est claire : l’Union européenne a exprimé sa totale désapprobation et condamne fermement l’attitude du Rwanda, qui entraîne des conséquences dramatiques dans l’est du Congo”, a affirmé Maxime Prévot, confiant quant à l’avenir.
« L’heure n’est plus aux simples condamnations, mais aux sanctions »
Après cette rencontre, la Première ministre congolaise a échangé avec des ONG internationales de défense des droits de l’homme sur la situation sur le terrain. “Pour moi, l’heure n’est plus aux simples condamnations, mais aux sanctions.”
Le Parlement européen avait adopté une résolution le 13 février dernier demandant à la Commission européenne, aux États membres et aux institutions financières internationales de geler l’aide budgétaire directe au Rwanda et de cesser toute assistance militaire et sécuritaire aux forces armées rwandaises. Cette mesure vise à éviter tout soutien, direct ou indirect, à des opérations militaires abusives dans l’est de la RDC.
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