Les forces de l’ordre dispersent la manifestation des militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) devant le bureau administratif de la Régie de distribution d’eau (Regideso), vendredi 28 mars à Matadi, chef-lieu du Kongo Central. Les manifestants réclamaient la démission du directeur régional de cette entité en raison des pénuries chroniques d’eau potable dans plusieurs quartiers de la ville.
Les agents de l’ordre ont utilisé des armes létales pour disperser cette manifestation pacifique. Bilan : trois blessés graves, dont un hospitalisé. Les militants déplorent également la perte de plusieurs biens lors de cette intervention.
« Dans la ville portuaire de Matadi, nous voyons combien la population souffre à cause du problème d’accès à l’eau potable. En tant que mouvement citoyen, nous avons estimé qu’il était anormal de rester les bras croisés face à cette réalité. Voilà pourquoi nous avons initié cette action sur le terrain. Nous regrettons profondément la répression policière dont nous avons été victimes. La lutte n’est pas un crime. Notre action est garantie par l’article 26 de la Constitution congolaise, qui reconnaît à chaque citoyen le droit de manifester pacifiquement. Malheureusement, chaque fois que nous organisons une mobilisation, les autorités envoient des policiers mal formés, ce qui explique leur comportement violent », regrette Jacques Tona, un manifestant.
Une lutte qui continue
Le problème d’accès à l’eau potable à Matadi devient de plus en plus récurrent, bien que la Regideso affirme travailler pour une solution durable. Mais les militants de la Lucha dénoncent l’inaction de la direction régionale.
« Nous avons compris que le directeur régional n’a ni plan d’action ni la capacité de résoudre ce problème. Sinon, il nous aurait reçus pour nous expliquer les démarches entreprises et celles en cours. Comment une ville entourée d’eau peut-elle souffrir d’un manque aussi criant ? C’est inconcevable ! À la Lucha, nous sommes habitués à la répression, mais cela ne nous arrêtera pas. Nous continuerons nos actions jusqu’à obtenir soit de l’eau, soit la démission du directeur », lance déterminé Eboth Kestia.
Selon lui, la Regideso détient la clé du problème. « C’est une entreprise commerciale à vocation publique. Nous sommes ses clients et elle est notre fournisseur. Quand nous payons des factures sans recevoir d’eau, c’est du vol. Voilà pourquoi nous nous attaquons directement à notre distributeur. Un directeur provincial doit être un bon gestionnaire et trouver des solutions au lieu de se plaindre. Si ce problème dépasse ses capacités, qu’il démissionne ! D’autres Congolais compétents au sein de la Regideso peuvent apporter des solutions », ajoute-t-il.
Face à cette répression, la Lucha annonce qu’elle portera plainte contre les auteurs des violences auprès de l’auditorat militaire.

