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Révision constitutionnelle en RDC: des habitants de Matadi sceptiques

Ils sont de la société civile, des partis politiques…Des habitants de Matadi donnent de la voix sur l’idée de l’UDPS de voir certaines dispositions de la Constitution de la RDC modifiées. La plupart sont dubitatifs. Par Ruth Lushiku  Maître John Kayembe, Avocat au barreau du kongo central « D’abord , si nous sommes sérieux et lecteurs […]

Ils sont de la société civile, des partis politiques…Des habitants de Matadi donnent de la voix sur l’idée de l’UDPS de voir certaines dispositions de la Constitution de la RDC modifiées. La plupart sont dubitatifs.

Par Ruth Lushiku 

Maître John Kayembe, Avocat au barreau du kongo central

« D’abord , si nous sommes sérieux et lecteurs de cette Constitution, en ce moment nous ne pouvons pas parler de cette prétendue révision constitutionnelle. Parce que l’article 219 de la Constitution interdit toute révision de cette Constitution qui pourrait intervenir pendant l’état de siège, l’état de guerre où l’état d’urgence. Donc, en ce moment-ci, on ne pouvait pas parler ou évoquer une quelconque révision, là c’est la première des choses. La deuxième, nous pensons que les politiques ne peuvent pas commencer à arriver à balancer toute une nation dans leurs tendances, dans leurs envies pour le besoin de la cause au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes de la population congolaise.
Parce que la révision elle, n’est pas interdite au regard du droit constitutionnel mais seulement notre Constitution a ce qui peut être révisé et ce qui ne peut pas l’être. Or, quand vous entendez les politiciens parler, vous entendez qu’ils veulent réviser ce qui ne peut pas être révisé, révisé ce qui est verrouillé par l’article 220. Vous entendez par exemple qu’ ils vous parlent de la nomination des gouverneurs, la question de la durée et du nombre de mandats du président de la République donc ce sont les intouchables de la Constitution. Notre Constitution est en partie souple et en partie rigide. La partie rigide on ne peut pas la toucher. Ce sont les interdits au regards de toutes les crises que nous avons connues dans notre pays par rapport à la légitimité du pouvoir. Pour éviter la récurrence, nous ne pouvons plus toucher à cette disposition qui pose problème. Si quelqu’un gagne le pouvoir nous le laissons faire, dès qu’il finit ses mandats, il part.

Il y a même un problème conceptuel : changement de Constitution et le concept revision constitutionnelle. Ces deux concepts sont différents. S »il faut réviser on se dit d’accord mais on révise quoi? Ce sont des alibis pour assouvir leurs besoins. Par exemple, quand on dit que notre système ne facilite pas la mise en place des institutions. Mais qui ne les facilite pas? Ce n’est pas notre Constitution mais les politiciens qui défendent leurs intérêts. Vous verrez que tous les constitutionnalistes qui se sont déversés dans l’Union sacrée dont certains étaient dans la société civile pendant la célébration de cette Constitution étaient unanime que c’est parmi les meilleurs Constitution du monde. Mais quand est-ce qu’elle a basculé pour devenir mauvaise pour qu’elle soit changée ou révisée ? Les gens veulent leurs propres intérêts et non ceux de la République.

Jacqueline Tshibanda, commerçante

La révision constitutionnelle, est-elle importante pour la situation actuelle ? Si c’est le cas, à qui bénéficie ce changement ? Nous ne voulons pas que cela se fasse pour les intérêts d’une tierce personne mais que cela se fasse pour le bien de la population. Sur ce point, je suis partagée car nous attendons le référendum. Mais personnellement, je ne serai pas contente que cela se fasse que pour multiplier le nombre de mandats du chef de l’Etat, car on peut le faire aujourd’hui parce qu’il fait bien les choses, mais si dans le futur on obtient un mauvais président, il va s’attarder au pouvoir et c’est nous la population qui allons souffrir. Il a fallu combien d’années pour qu’Étienne Tshisekedi puisse changer les choses entend que premier ministre ? Tout dépend de la volonté qu’on a.

Me Merdi Lufule, Avocat au barreau du Kongo central

« La révision constitutionnelle, c’est un travail qui se fait par les législateurs qui sont les députés. Ce sont eux qui votent les lois. Cette révision, moi, je dis que cela est venu au bon moment car il y a certains articles et certains points qu’il faut revoir dans cette Constitution. Aussi, il y a d’autres articles où d’autres alinéas qu’il faut amender. Surtout dans la gestion du pouvoir, les institutions du pays. Dans les provinces, vous savez que les attributions du gouverneur, les élections du gouverneur, ce sont des choses à revoir. C’est parmi ce qui cause même le tribalisme dans notre pays, où il ne doit avoir qu’un gouverneur originaire. Et il est déchu par l’assemblée provinciale.

Ce sont des choses à revoir. Mais d’autres chapitres, alinéas ne sont pas importants pour la révision.
Là où il y a la politique le droit sort par la fenêtre. Nous voyons les points essentiels pour le pays et lorsqu’on vous dit que ça peut toucher au mandat du président, nous pensons que c’est un debat intéressant mais qui n’a pas sa raison d’être car ce sont les législateurs qui votent les lois . S’ils estiment qu’il faut aussi revoir le mandat du président et que tout le monde le vote ça va passer et s’ils refusent, ça ne passera pas. A mon humble avis, il faut aussi revoir le mandat du président car c’est gaspiller de l’argent pour un mandat de cinq ans renouvelable . En Afrique c’est rare de voir un président faire un mandat et partir. Pourquoi ne pas lui accorder deux mandats directement donc 10 ans et organiser les élections. Sinon, nous nous sommes passifs, nous attendons les résultats du législateur.

Jean Nzuzi Bambi, Rapporteur adjoint du cadre de concertation provincial de la société civile du kongo central

« Révision de la Constitution, qu’elle soit bonne ou mauvaise, c’est un peu difficile de le dire puisqu’en principe, selon notre Constitution on doit passer par un référendum. Donc maintenant là, donner un avis sera un peu anticipé. Nous avons deux tendances : la majorité et l’opposition. La majorité peut dire oui nous allons vers la révision de la Constitution mais arrivé au référendum l’opposition dit non car tel ou autre facteur ne va pas aider la population.
Nous serons devant un feu. Donc moi, je vous dis qu’il est encore difficile d’avoir l’avis des gens par rapport à cette question, certains disent que c’est parce que le président veut s’éterniser dans le pouvoir, d’autres disent dans la Constitution, il y a des articles qui fâchent, des articles qui nécessitent cette révision. Actuellement là, il y a tout un arsenal (beaucoup de personnes) qui réfléchissent sur pourquoi réviser.
S’il y a révision à mon avis, c’est pour répondre aux attentes de la population par rapport aux articles qui fâchent. On est encore neutre car on ne sait pas quels seront les avis de la population. Nous représentons la population et nous sommes une minorité.

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