Selon les données du Programme national de lutte contre la tuberculose(PNLT), le nombre de malades de la tuberculose est en hausse au Kongo central. En cause, les conditions socio-économiques…
Par Prophète Matondo
Les dernières statistiques du PNLT, Kongo Central, rapporte 6 842 cas répertoriés en 2022 et 6 928 cas en 2023.
Pour le premier semestre 2024, elles affichent 3 101 cas. « La maladie dans la communauté est en hausse », indique Phiba Vangu, superviseur provincial de la lèpre et tuberculose au Kongo Central ouest. Mais ces chiffres ne donnent pas la vraie ampleur de la maladie. « Les chiffres peuvent être en régression parce qu’il y a quelques contraintes, à savoir, le disfonctionnement des panneaux solaires à Kiamvu, Kinkanda(Matadi), Kitona et Boma », élucide Phiba qui ajoute: la rupture fréquente des cartouches dans ces sites et la panne de l’ordinateur.
Cela n’étonne donc pas que le nombre de malades grimpe.
En effet, la RDC figure parmi les dix pays les plus endémiques dans le monde. Le Kongo Central est parmi les provinces à hot spot (Zone où il y a une forte concentration de cas de la tuberculose)
Dangereuse promiscuité
La tuberculose est une maladie infectieuse, généralement pulmonaire, provoquée par la bactérie Mycobactrerium tuberculosis. Hautement contagieuse, elle se transmet par l’air lorsque les personnes infectées toussent ou éternuent, définit l’institut pasteur. La promiscuité est donc parmi les facteurs qui favorisent la propagation de la maladie. A Nzanza, quartier populeux de Matadi, épicentre de la maladie, les maisons sont contiguës. » Il suffit qu’une personne soit atteinte de la tuberculose, la transmission va se faire aisément », explique Anatole Ndedoso, infirmier, superviseur provincial lèpre et tuberculose au Kongo central est.
C’est la même situation dans les prisons et dans les camps militaires.
Cet infirmier, responsable du
Centre de diagnostic et de traitement de la tuberculose de Songololo cite aussi d’autres facteurs favorisant: l’alcoolisme, tabagisme, malnutrition, comptabilité, ignorance, stigmatisation.
Respect de la cure
Bien que la tuberculose puisse être mortelle, elle est souvent curable et peut être prévenue avec un diagnostic et un traitement approprié. C’est ce genre de traitement dont a bénéficié un habitant de Matadi qui préfère être anonyme.
« J’ai vaincu cette maladie grâce au respect que j’ai observé pendant mon traitement. Au début, je constatais des symptômes de grippe, je faisais la fièvre et je pensais au paludisme. C’est comme ça que je me soignais seul à la maison. Puis, mon enfant est tombé malade et c’est ce qui nous a amenés à l’hôpital. Il a été déclaré positif à la tuberculose , moi y compris.
Je passais récupérer mes médicaments chaque mois. Aujourd’hui, nous sommes guéris »,témoigne-t-il. Comme lui, un autre homme a recouvré la santé. Sa femme raconte:: »Il toussait régulièrement, vomissait et avait perdu du poids. A l’hôpital, il a été diagnostiqué positif. Après respect scrupuleux du traitement, il est guéri. »
Briser le cycle de la contamination
La tuberculose est diagnostiquée au Kongo central par le Genexpert. Les patients prennent du Isoniazole, le rifampicine et le pyrazimide ou ethambutol. Ces médicaments sont mis à disposition des malades gratuitement par l’OMS, Unicef et l’Usaid.
Mais certains négligent la cure. « C’est ce qui entraîne la multirésistance » , explique Phiba. Du coup, des décès sont enregistrés.
Selon Michel Kasua, le directeur national du PNLT, » plus de 4 000 personnes sont mortes de la tuberculose en 2023 en RDC »
Chargée de la communication au PNLT Kongo central, Fifi Ntedika met sur le banc des accusés notamment la stigmatisation des malades.
Mais il est possible de briser le cycle de la contamination. Car l’OMS prévoit l’élimination de la tuberculose en RDC d’ici 2035.
Anatole Ndedoso prescrit de:
“Procéder à la vaccination des nouveaux-nés au BCG, dépister et traiter précoce la maladie, rechercher activement la tuberculose autour de tous les cas diagnostiqués, traiter préventivement la tuberculose… ”.
