Des militants de la Lucha ont été interpellés à Matadi lors d’un sit-in contre l’insécurité. Relâchés deux heures plus tard, ils accusent les autorités de répression. Selon le mouvement, les autorités avaient été officiellement avisées une semaine plus tôt afin de solliciter l’encadrement de cette action citoyenne.
Arrêtés puis embarqués de force dans une jeep de la police, certains militants affirment avoir été brutalisés et même avoir vu leurs vêtements déchirés lors de l’opération menée par des hommes en uniforme. Ils ont été conduits à l’état-major de la police provinciale. « L’arrestation des militants de la Lucha est une atteinte grave à la liberté d’expression. Manifester pacifiquement contre l’insécurité est un droit, pas un crime. Réprimer ceux qui défendent la sécurité de tous est injustifiable. Ces arrestations doivent cesser« , exige Ebothe Ketshia.Il ajoute : « En interpellant ces 14 militants pacifiques, les autorités ont violé la Constitution, notamment les articles garantissant la liberté d’expression et de manifestation. Comme nous l’avons rappelé au gouverneur Grâce Bilolo, notre sit-in n’était pas une menace, mais un appel citoyen à plus de sécurité. Arrêter des jeunes qui réclament la protection du peuple, c’est bafouer leurs droits et fuir ses responsabilités. La répression n’est pas la solution face à des habitants qui demande simplement d’être protégée. »
Le sit-in visait à dénoncer « l’inaction et l’inefficacité du gouvernement provincial face à la montée inquiétante de l’insécurité à Matadi », marquée par le banditisme, viols armés, agressions et impunité, qui détériorent le climat de paix et de confiance au sein de la population.
Après deux heures de détention, les militants interpellés ont finalement été relâchés, ayant refusé d’être auditionnés par la police.

