À Boma, des habitants accusent la police de complicité avec des bandits après une série d’attaques nocturnes. Des échauffourées ont éclaté, faisant au moins un mort, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.
En colère, une centaine de jeunes transportent le corps d’une victime des affrontements avec la police. « Nous allons avec ce mort à la mairie pour qu’elle voit ce que la police a fait. Nous ne voulons plus du commandant de la police. C’est trop avec cette insécurité« , s’indigne un manifestant. Leur intention d’emmener ce corps jusque devant la mairie est stoppée par la police qui le récupère.
Pendant ce temps, d’autres habitants dressent des barricades, incendient des pneus et bloquent des routes. Boutiques fermées, circulation paralysée : la ville tourne au ralenti, tandis que de nombreuses familles restent terrées chez elles.
« Nous allons prendre des décisions draconiennes »
Selon une source crédible, des bandits armés ont attaqué cinq maisons vers 2 heures du matin au PK8. Certains portaient des tenues de police. La police, elle, n’est arrivée que vers 5 heures, ce qui a renforcé la suspicion de complicité et déclenché la colère des habitants. « Nous fustigeons la passivité et l’inefficacité du gouvernement central en général, et du vice-Premier ministre de l’Intérieur en particulier, face à la recrudescence de l’insécurité. Nous appelons la justice militaire à se saisir de cette affaire et à interpeller les policiers impliqués », dénonce Gabriel Makiese, activiste des droits humains. Un notable, lui, s’interroge : « Avons-nous encore des autorités conscientes au plus haut niveau ? Qu’attendent-elles pour prendre des décisions drastiques et mettre fin à cette insécurité ? »
Après plusieurs kilomètres de marche, les habitants sont arrivés à la mairie. Là, le maire intérimaire de Boma, Claudelle Phemba, a promis des mesures fermes : « Nous venons de faire l’état des lieux des dégâts causés. Les responsables de cette situation répondront de leurs actes. Je vous demande de garder votre calme : nous allons prendre des décisions draconiennes. »

