Élue en juin dernier membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2026-2027, la République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à siéger au sein de cet organe. Lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, tenue le mercredi 24 septembre à New York, le président Félix Tshisekedi a présenté les grandes priorités de la RDC dans ce cadre.
À partir du 1er janvier prochain, la RDC siègera effectivement comme membre non permanent du Conseil de sécurité. Elle entend y contribuer de manière active. « Notre participation sera résolument constructive et holistique. Elle s’articulera autour de deux priorités indissociables : la paix et la sécurité, d’une part, et la prévention ainsi que la résolution des conflits, d’autre part« , a déclaré Félix Tshisekedi. Il a ajouté : « Nous entendons également contribuer activement à l’élaboration et à la mise en œuvre du nouvel Agenda pour la paix afin d’apporter, à la lumière de notre potentiel et de notre expérience, une impulsion à la réforme des opérations de maintien et de consolidation de la paix, ainsi qu’à l’adaptation du système de sécurité collective des Nations Unies. »
Aller au-delà du statut de membre non permanent
La RDC souhaite s’appuyer sur le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte pour réaffirmer la position de l’Afrique dans le processus de réforme du Conseil de sécurité. « L’Afrique doit bénéficier de deux sièges supplémentaires dans la catégorie des membres non permanents, mais également de deux sièges permanents avec les mêmes droits y compris le droit de veto , les mêmes privilèges et les mêmes obligations que les actuels membres permanents. Forte de ses 54 États et de plus de 1,2 milliard d’habitants, l’Afrique ne saurait rester en marge des décisions qui engagent la paix et la sécurité internationales« , a souligné le président congolais.
Lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles
À la tribune des Nations Unies, Félix Tshisekedi a également dénoncé l’exploitation illégale des ressources naturelles en Afrique, particulièrement en RDC, qu’il considère comme l’une des causes majeures et persistantes des conflits. « Un autre axe prioritaire concerne l’exploitation illégale des ressources naturelles. La RDC entend placer au cœur du débat la gouvernance exemplaire de ses minerais stratégiques afin d’en garantir l’exploitation dans le respect des principes du développement durable, de la souveraineté économique et du bien-être des populations« , a-t-il affirmé.
Le chef de l’État a par ailleurs invité la communauté internationale à mettre fin aux complicités qui alimentent le terrorisme. « À l’échelle mondiale, rompre les liens toxiques entre rente minière et financement des groupes armés non étatiques exige une approche intégrée, fondée sur l’harmonisation des règles de diligence raisonnable et de traçabilité de la mine jusqu’au consommateur, sur la transparence intégrale des chaînes d’approvisionnement et des bénéficiaires effectifs, sur des mécanismes de contrôle et d’audit indépendants, ainsi que sur une coopération renforcée entre autorités douanières, judiciaires et financières. Il faut aussi des sanctions ciblées et effectives contre les trafiquants et leurs réseaux, et une lutte résolue contre la corruption, adossée à des normes de bonne gouvernance, à la publicité des contrats et à la traçabilité des paiements », a-t-il insisté.
Droits humains et justice transitionnelle au centre
Enfin, le plan d’action de la RDC au Conseil de sécurité intègre les dimensions relatives aux droits humains et à la justice transitionnelle, ainsi que les agendas « Femme, paix et sécurité » et « Jeunesse, paix et sécurité ».
« Leur prise en compte effective est la condition d’une paix juste, durable et inclusive« , a conclu Félix Tshisekedi.

