Innovatrice pour le développement du Kongo central, le projet PAKC (Partenariat avec le Kongo central)est en bute à des obstacles politiques qui plombent son essor. Claude Richardet, Franco-suisse, journaliste et professeur du cinéma, l’a pourtant initié depuis près de deux ans pour moderniser les infrastructures médicales, dynamiser l’agriculture locale et attirer des investisseurs internationaux grâce à une coopération renforcée avec la France et la Suisse.
Par Rutherford Watondawo
Après 17 mois des recherches, Claude Richardet a proposé un projet PACK qui inclut 38 initiatives novatrices pour le développement du Kongo central. Cependant cela peine à prendre de l’envol à cause des blocages politiques. “J’ai découvert une région magnifique, avec des paysages et des richesses incroyables, mais aussi une pauvreté terrible dans les villages. J’ai aussi constaté que vous avez une chance unique : un sol vierge qui peut permettre un développement rapide et bio de l’agriculture. Le projet est malheureusement bloqué. Il n’a jamais vraiment démarré, malgré l’enthousiasme de certains ministres. La seule avancée concrète est la formation des médecins à Genève et l’envoi prévu des lits médicaux. J’ai collaboré pendant 17 mois à titre personnel, en autofinançant mes déplacements. J’ai reçu un contrat de représentant officiel, mais il n’a jamais été signé. Et le ministre des Finances m’a ensuite coupé l’herbe sous le pied, en court-circuitant mes efforts pour mener des négociations à Genève sans me consulter. Je me suis senti trahi et je ne peux plus travailler sans confiance”, signale-t-il.
Ambitieux projet
Cet ambitieux projet est chiffré à 200 millions d’euros sur cinq ans, avec plusieurs volets, notamment :
– Santé : Collecte de matériel médical en France et Suisse, formation de médecins avec des hôpitaux de Genève et Lyon, création d’un laboratoire pour la médecine à base de produits naturels;
– Agriculture : Plus de 70 % de la population vit de l’agriculture, mais avec des outils très archaïques. Il faut créer un fonds d’investissement international pour collecter les dons et subventions contrôlé par un organisme indépendant. La diaspora pourrait aussi participer.
– Une zone économique spéciale agroalimentaire avec un statut spécial pour attirer des investisseurs français, suisses, congolais et africains, qui bénéficieraient des avantages financiers en s’installant dans cette zone;
– Création d’un centre de tri des produits agricoles pour améliorer l’exportation et la commercialisation en circuit direct, supprimant les intermédiaires qui prennent des commissions ;
– Formation des agriculteurs avec des experts de la région d’Annecy-Grenoble, la plus grande région agricole de France ;
– Développement de l’irrigation, des stations météos, fourniture de semences de qualité à moindre coût ;
-Relance des filières café, cacao et Hévéa, autrefois très réputées;
– Plantation d’acacias dans les zones semi-montagneuses pour vendre des crédits carbone, ce qui rapporterait des millions d’euros, avec apiculture sous ces plantations pour produire du miel d’excellente qualité;
– Enfin, création d’un centre de formation pour la mécanique et les techniques agricoles, pour moderniser la production.
Tous ces projets doivent émaner des habitants du Kongo Central qui doivent s’en approprier pour l’essor de leur province.
Une relance en vue
Malgré les hics politiques Claude Richardet est loin d’y renoncer. Il envisage bientôt relancer ce projet. “Il faut avant tout une volonté claire du gouverneur, des ministres et de la population. Cela nécessitera des fonds propres, mais aussi des demandes auprès du gouvernement national, de la Banque mondiale, des subventions européennes, voire de fondations privées. Le projet pourra alors avancer progressivement, avec un effet boule de neige grâce aux premiers résultats”, déclare-t-il. Il compte de nouveau rencontrer les ministres concernés, le gouverneur, mais aussi les députés, qui votent le budget, pour expliquer le projet en détail et chercher ensemble les financements.
Dans l’entre-temps, Claude Richardet exhorte le gouvernement provincial du Kongo central “de ne pas laisser ce projet important sombrer dans l’oubli mais de créer une structure dédiée à son développement, et surtout éviter les blocages bureaucratiques et politiques qui freinent toute avancée”.
Vont-ils saisir l’opportunité ?
Selon le ministre de l’Agriculture, pêche et élevage Fiston Lubaki, « ce partenariat repose sur le principe « gagnant-gagnant ». « Le projet est en étude afin d’harmoniser les vues », répond-il.

