Des sportifs et plusieurs forces vives de Matadi sont descendus dans les rues pour dénoncer la xénophobie en Afrique du Sud et réclamer justice pour Roméo Katompa, alias “Bololo”, boxeur congolais brûlé vif dans la nuit du 15 au 16 juillet.
Du rond-point Stade jusqu’au ministère provincial des Sports et Loisirs, les manifestants ont marché avec des banderoles et calicots dénonçant les violences visant les ressortissants africains en Afrique du Sud. “Roméo victime : stop à la xénophobie en Afrique du Sud”; “Stop aux violences contre les Congolais en Afrique du Sud; RIP Roméo”, pouvait-on notamment lire sur les affiches. Pour les manifestants, la mort de Roméo Katompa ne peut rester sans suite. Le boxeur congolais, qui vivait régulièrement en Afrique du Sud, marié à une Sud-Africaine, est présenté comme une victime de la xénophobie. “C’était un Léopard qui défendait les couleurs de la nation. Pour ne pas être silencieux, nous disons non à la violence, à la xénophobie. Nous voulons que la justice soit rendue. Le peuple africain est censé vivre ensemble”, déclare Chito Mazo, conseiller communal de Nzanza.
Une enquête indépendante réclamée
La marche s’est également soldée par la lecture d’un mémorandum par Sam Pingi, président provincial de l’Alliance des démocrates socialistes congolais (Adesco) de Matadi. “Nous exigeons que toute la lumière soit faite et que la vérité soit établie par une enquête indépendante et transparente”, a-t-il lu. Les manifestants dénoncent également le silence de l’Union africaine face aux actes de xénophobie visant des ressortissants africains en Afrique du Sud. “L’Afrique ne peut pas prétendre construire son unité tout en restant silencieuse lorsque les Africains sont victimes de violences sur le sol d’un autre État africain”, ajoute Sam Pingi.
“Roméo n’était pas un simple boxeur”
Au-delà de sa carrière sportive, les manifestants présentent Roméo Katompa comme un ambassadeur de la RDC en Afrique du Sud. Ils rappellent notamment qu’il était marié à une Sud-Africaine, père de famille et résidait régulièrement dans ce pays. Ils estiment également que la mémoire de Roméo doit raviver la solidarité africaine, rappelant que plusieurs pays du continent avaient soutenu la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.

