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Entre douleur et indignation : la famille Watukwa brise le silence après la mort brutale de Delicol, battu par « des militaires »

Derrière la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa, le silence est pesant, chargé d’émotion. Une foule en deuil attend, le cœur serré, le retrait de la dépouille de Delicol Watukwa, 30 ans. Ce jeune architecte, brillant, discret, aimé de tous, a été arraché à la vie de la manière la plus brutale : battu […]

Derrière la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa, le silence est pesant, chargé d’émotion. Une foule en deuil attend, le cœur serré, le retrait de la dépouille de Delicol Watukwa, 30 ans. Ce jeune architecte, brillant, discret, aimé de tous, a été arraché à la vie de la manière la plus brutale : battu à mort par « un militaire » et ses complices à proximité de la Cité Verte.

À 10h15, les portes du reposoir s’ouvrent. Porté par des croque-morts, le cercueil marron avance, accompagné du son grave de la fanfare. Un frisson traverse l’assistance. Les sanglots redoublent, les cris fusent, certains s’effondrent. « Qu’as-tu fait pour mériter ça, Delicol ? », murmure une jeune fille en boucle, les yeux vides. « Non ! Non ! », gémit une autre, refusant encore d’y croire.
Sur une chaise, vêtue de noir, Christine Lunzitisa, sa mère, pleure en silence, les épaules secouées par la douleur, soutenue par son mari Jérôme Watukwa. Le cercueil est déposé sur l’autel funéraire. Petit à petit, les pleurs s’estompent, le silence revient. Tous veulent entendre le message de sa grande sœur, Dr Vénale Watukwa.

« Un mois, c’est long… très longtemps« , lance Vénale, la voix tremblante portant la douleur de toute une famille.
En effet, le mercredi 11 juin vers 22 heures, Delicol revenait de l’UPN après avoir déposé une connaissance. Sa voiture est percutée par un motocycliste corpulent. En sortant plus tard  pour constater les dégâts, Delicol découvre que l’homme serait un major.
En lieu et place d’un échange civilisé, il reçoit une pluie de coups. Bientôt, d’autres militaires(d’autres parlent de policiers), le rejoignent. Le passage à tabac devient collectif. Il saigne du nez, de la bouche. Son agonie est lente, dans une rue, sans défense. Il a quand même la force de faire appel à ses amis. Ils auraient identifiés les bourreaux de l’architecte.
Malheureusement, l’architecte conduit à l’hôpital va mourrir sans avoir obtenu des soins, abandonné là encore à l’hôpital Monkole à Mont Ngafula, affirme un membre de famille. Cette commune l’a vu grandir.
Le véhicule de Delicol, une Toyota Mark X, garde encore les traces du choc, témoin muet d’un drame qui aurait pu être évité. Les enquêtes, elles, peinent à avancer. L’indignation gronde.

Un adieu déchirant

À la fin de la cérémonie, la famille dépose les dernières gerbes de fleurs. Parents, frères, sœurs, oncles, tantes, neveux, nièces… certains tombent en syncope, d’autres s’agenouillent, frappés de plein fouet par l’irréparable. L’émotion est insoutenable. Le nom de Delicol flotte dans l’air, chargé d’injustice et d’amour.

C’est au cimetière de Kimberly, à l’entrée du Kongo Central, que repose désormais ce jeune homme plein de promesses.
« Il dort en attendant le retour glorieux du Christ », rappelait Vénale, dans un souffle de foi.

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