Mesures contre l’insécurité prise à Matadi: réactions mitigées

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photo infobascongo

Pour lutter contre l’insécurité grandissante dans sa juridiction, le maire de Matadi a pris une ribambelle de mesures sécuritaires. Des acteurs de la société civile et politiques les jugent mitigées.

“Elles sont salvatrices pour essayer de lutter contre cette insécurité grandissante de la ville. La société civile a salué ces mesures. Nous devons les accompagner pour que nous puissions vraiment prevenir ce genre de comportement de Matadi”, espère Jules Benga, coordonnateur de la société civile forces vives du Kongo central. Contrairement à lui, Me Désiré Kasongo, Chargé des questions juridiques et stratégies politique de l’ »Ensemble pour la République » du Kongo central, les qualifie “d’inefficace” parce que, à l’en croire, “aujourd’hui les criminels peuvent obéir à ce communiqué mais ils vont toujours continuer à opérer”, motive-t-il.

L’interdiction des motos de circuler après 23 heures, des véhicules sans plaque d’immatriculation après 19 heures, abaissement des vitres fumées des véhicules le jour comme la nuit afin de permettre aux services de sécurité de bien identifier les passagers, etc. Ces mesures émanent du conseil de sécurité qu’a présidé Nkodia Mbete. Il signe un communiqué qui les promulgue.

Quid de l’opération “Kumbaki Mbi Ko” ?

Toujours dans le cadre de lutter contre le banditisme urbain, Nkodia Mbete avait lancé en avril 2023 l’opération Kumbaki Mbi Ko qui a favorisé l’arrestation des plusieurs criminels voire à la condamnation par le tribunal de paix de Matadi de Cicéron Mavinga à deux ans de servitude pénale principale pour usage des stupéfiants. Depuis plus rien. “On ne comprend pas quel est le résultat de cette opération. Est-ce que l’opération a vraiment donné de bons résultats ? Si ça n’a pas donné un bon résultat, c’est maintenant que la population subit ce genre de hold-up à main armée. La population n’est pas en sécurité. Il faut que les services de sécurité puissent changer de méthode, de système”, propose Joseph Kuiya, coordonnateur de la nouvelle société civile Kongo central 1. Dans la foulée, il se remémore la célèbre phrase du général d’heureuse mémoire. “Si vous ne parvenez pas à détecter le mal des criminels c’est que parmi vous, il y a un criminel qui se cache qui ne dit pas mot, qui donne les informations aux autres et qu’on ne sait pas détecter”, parce que comment ces gens-là doivent avoir des armes. Des armes que doivent détenir nos policiers et des tenues aussi des policiers”, ne comprend-il pas.

Pour lui “Il faut que le maire de la ville prenne des décisions qui ne peut ou ne pas intéresser les gens mais ce sont des décisions pour sauver la population et que la population vaque à ses occupations, mais également mettre de moyens conséquents à la disposition des services de sécurité”.