Depuis cinq jours, les habitants de Boma, deuxième ville de la province du Kongo Central, vivent dans l’obscurité suite à l’effondrement d’un pilonne de la Société nationale d’électricité (Snel). Dans les ménages, des responsables peinent à combler certains besoins prioritaires et vitaux.
Helena mère d’une famille de quatre enfants habite le lotissement Ferme dans la commune de Kabondo. Bien avant la coupure générale du courant, elle s’en sortait sans difficulté dans le ménage. Pour préparer le petit déjeuner, il suffisait de brancher son réchaud. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. « L’achat de la braise est devenu obligatoire. Mon mari n’a pas un revenu qui puisse nous permettre d’acheter un sac pour faire la provision. Je suis contrainte d’acheter chaque jour la braise de 2000 FC voire 3000 FC(1 dollars). Tout dépend des aliments que je veux préparer. Chauffer de l’eau pour se laver. Nous sommes 6 personnes dans la maison, préparer le déjeuner, le repas, sans oublier les autres besoins nécessitant le feu. Sans faire mention de la réserve d’eau qu’il faut constituer », se plaint-elle.
Et pour cette denrée vitale, Helena paie 3 000 FC de transport. L’eau ne coule pas dans son quartier. « Nous avons besoin de quatre bidons de 25 litres pour combler ce besoin. Là aussi il faut dépenser. Donc en quatre jours, j’ai déboursé 10.000Fc (3,5 dollars ) de braise et 12.000FC(4 dollars )pour l’eau soit un total 22.000FC (7 dollars ). De l’argent imprévu dans notre budget du ménage. Alors imaginez si cette situation dure plus longtemps… », se lamente-t-elle.
Calvaire
Certains besoins sont comblés la journée, d’autres le soir. Notamment l’achat des piles pour éclairer la maison. « Nous avons deux torches, il faut les recharger en piles crayons. Et cela me bouffe 3000Fc(1 dollars). Même s’il faut recourir au panneau solaire avec quel argent ? Déjà le manger au quotidien est un casse-tête. Tout ceci à cause du manque de l’électricité »,grince des dents Elvis Mambu,un habitant.
A cela s’ajoute la communication, les téléphones déchargés nécessitent de l’énergie. Pour ce faire, il faut se rendre dans un shop où le groupe électrogène fonctionne. Là aussi il y a un prix à payer. Recharger la pile d’un téléphone ou un lap top se négocie entre 500 FC et 1000Fc. Si avant cette période de manque d’électricité dans la ville, les dépenses journalières dans les ménages se négociaient entre 20 000 FC à 25.000Fc, à ce jour, la vie devient plus chère. Il faut débourser au-delà. 30 000 FC, 35 000 FC voire 40.000 Fc pour bien vivre. Si non on fait la grève de faim faute des ressources. Quand on sait que le revenu mensuel pour de nombreux responsables de famille ne permet pas de nouer le deux bouts.
Appel à la patience
Selon Khonde, le Chef de centre de la Snel Boma et Bas-fleuve, » une équipe est à pied-d’œuvre . Les travaux se poursuivent normalement. D’ici vendredi, le courant sera lancé ».
Par ailleurs, il sollicite l’accompagnement des autorités politico-administratives et celui des services de sécurité face aux actes de vandalisme signalés. La Snel déplore le vol de certains câbles électriques par des inciviques notamment celui qui alimente la Régie de distribution d’eau (Regideso), au pont ville.

