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« Kulunas en cravate” : colère après la bagarre entre députés au Kongo Central

Des coups de poing à la place des arguments. Des élus provinciaux du Kongo Central se sont battus en pleine plénière. La population, scandalisée, dénonce le comportement honteux de ses représentants qu’elle désigne par « Kulunas », dangereux jeunes racketteurs congolais. Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, de nombreux habitants ont exprimé leur colère, qualifiant […]

Des coups de poing à la place des arguments. Des élus provinciaux du Kongo Central se sont battus en pleine plénière. La population, scandalisée, dénonce le comportement honteux de ses représentants qu’elle désigne par « Kulunas », dangereux jeunes racketteurs congolais.

Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, de nombreux habitants ont exprimé leur colère, qualifiant les députés bagarreurs de “kulunas”, une référence aux jeunes délinquants congolais connus pour leurs actes de violence et de vandalisme. “L’objectif était d’installer le chaos afin de suspendre les travaux de l’Assemblée provinciale”, accuse l’acteur socio-politique Jacques Makonda. Selon lui, des signes avant-coureurs de ces violences circulaient déjà sur les réseaux sociaux avant la plénière de ce lundi.

Dans l’hémicycle, le spectacle a été désolant : sièges renversés, vitres brisées, invectives et coups échangés. Plusieurs élus, dont Billy Ntunga, Atou Matubuana et Georges (…) sont blessés.

La plénière devait se pencher sur la déchéance du président de l’Assemblée provinciale, Papy Mantezolo, et de son vice-président Joseph Nsalambi, accusés de mauvaise gestion. Sentant la tension monter, le directeur de l’administration avait décidé de délocaliser la séance à la mairie de Matadi, une instruction que plusieurs députés n’ont pas suivie. La session s’est alors transformée en véritable ring. “Se laisser instrumentaliser par des gens qui vivent hors du Kongo Central, c’est grave et regrettable. Je pointe du doigt Kinshasa. Voilà pourquoi nos provinces ne se développent pas”, déplore Makonda, qui appelle à soutenir l’initiative du vice-Premier ministre de l’Intérieur visant à installer un bureau d’âge pour examiner les différentes pétitions.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident secoue l’Assemblée provinciale du Kongo Central. En 2018, des échauffourées similaires avaient entraîné la fermeture temporaire de l’hémicycle. “Je m’oppose à toute fermeture, car c’est précisément ce que cherchent les instigateurs de cette bagarre. Si on bloque, qui contrôlera encore qui ?”, s’interroge Makonda.

L’indignation s’étend. “Nous condamnons fermement ce genre de scénarios. Alors que la population attend des solutions à la pauvreté, à l’insécurité et à la dégradation des services sociaux, les députés se battent ! C’est honteux, c’est une insulte à la démocratie”, s’indigne Sylvain Matutanga, coordonnateur de la Nou société civile congolaise du territoire de Songololo.
Ancien député national et élu de Matadi, Albert-Fabrice Puela a, lui aussi, réagi avec fermeté : “Mesdames et Messieurs les députés provinciaux du Kongo Central, votre mandat se résume-t-il au nombre de coups assénés à vos collègues, ou à votre contribution au développement de la province ?
Votre élection n’était pas un chèque en blanc pour vous battre, mais un mandat de confiance pour servir, légiférer et défendre les intérêts du peuple. Mais au fond, à qui profite ce désordre ? Qui tire les ficelles ? Croyez-vous que ceux qui vous manipulent aujourd’hui vous prendront en charge demain ?”

Vivement des sanctions

Au-delà des réactions, plusieurs voix appellent à des sanctions exemplaires.
Il faut arrêter ces députés kulunas, leurs complices et les auteurs intellectuels. Ils doivent être jugés en flagrance, condamnés à de lourdes peines et contraints de réparer les dégâts matériels causés”, estime Me Mavinga Mabanga, président provincial de Bundu Dia Mayala.

Selon lui, la procédure de déchéance du bureau doit se poursuivre “jusqu’au bout”, sans céder aux pressions politiques. « Ce ne sont pas de députés mais de véritables kulunas qui doivent aller à faire le champ à Kaniama Kasese« , enrage un habitant de Muanda.

Aux dernières nouvelles, la plénière devrait finalement se tenir à la mairie de Matadi, sous haute surveillance.

 

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