À Matadi, des militants de la Lutte pour le changement (Lucha) ont été arrêtés alors qu’ils organisaient un sit-in pacifique devant le gouvernorat du Kongo Central, le jeudi 18 décembre. Ils entendaient dénoncer l’insécurité grandissante, la mauvaise gestion de la ville de Matadi et exiger le départ du maire.
Ebothe Kestia, l’un des militants interpellés, ainsi que le mouvement Filimbi Kongo Central, réclament leur libération immédiate. « Nous avons manifesté devant le gouvernorat pour dénoncer l’insécurité dans la ville de Matadi, mais la police a violemment réprimé notre action. Sur ordre des autorités, nous avons été arrêtés et transférés à la prison du camp Molayi. À l’heure où je vous parle, nos dix camarades, dont une fille prénommée Corneille, ont passé leur première nuit en prison. Nous exigeons leur libération immédiate et sans condition, car ils n’ont violé aucune loi de la République. Nous interpellons les instances judiciaires afin qu’elles fassent respecter la Constitution et qu’elles ne se laissent pas manipuler par les autorités politiques », déclare Ebothe Kestia, visiblement indigné.
En signe de solidarité, le mouvement Filimbi hausse également le ton. « Dans un pays malade, comment comprendre que nos amis de la LUCHA Matadi, qui protestaient contre l’insécurité qui ravage la ville, soient arrêtés pour rébellion par le parquet de grande instance de Matadi ? Filimbi Kongo Central exige la libération immédiate de nos camarades de la Lucha dans un délai de 48 heures. À défaut, vous devrez nous arrêter tous dans les jours à venir » avertit Guelord Tsasa.
*Rien ne nous arrêtera »
Dans la capitale du Kongo Central, ces militants se distinguent par leur engagement citoyen et leur manière d’exercer une pression pacifique sur les décideurs afin de les amener à améliorer l’action gouvernementale au bénéfice de la population. Ils affirment ne pas être prêts à abdiquer. « Rien ne nous arrêtera. Nous continuerons jusqu’à ce que les habitants de Matadi soient en sécurité. Défendre sa sécurité n’est pas un crime. Demander la sécurité aux autorités n’est pas un crime et ne mérite pas la prison. Ce qui nous fait mal aujourd’hui, c’est de voir des criminels, qui devraient être en prison, circuler librement, pendant que nous, simples citoyens ayant exigé la sécurité, sommes incarcérés« , s’indigne Ebothe Kestia.
Pour rappel, l’autorité provinciale avait, il y a quelque temps, suspendu toutes les manifestations et sit-in sur l’ensemble de la province du Kongo Central.

