En RDC, les députés de l’opposition du parti « Ensemble pour la République » ont quitté la plénière consacrée à l’examen et à l’adoption du rapport de la commission PAJ sur la proposition de loi relative au référendum, ce mercredi 27 mai. Cela n’a toutefois pas empêché les députés de la majorité de l’approuver.
Le groupe parlementaire de l’opposition » Ensemble pour la République » a manifesté son ras-le-bol lors de l’examen du rapport de la commission PAJ sur la proposition de loi relative au référendum, lequel a conduit à son adoption. D’après ses membres, cette démarche consacre « la réalisation d’un dessein macabre », à savoir le changement de la Constitution alors qu’une grande partie de l’est du pays est sous occupation des rebelles de l’AFC-M23. Ils voient dans cette procédure une volonté de modifier le nombre et la durée des mandats du président de la République ainsi que de réduire les compétences constitutionnelles des provinces afin d’instaurer une dictature. Par la voix de Christian Mwando, ils ont déclaré que :
-Le groupe parlementaire Ensemble suspend sa participation aux travaux de l’Assemblée nationale relatifs à la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en RDC;
– Le groupe parlementaire « Ensemble », en sa qualité d’opposition institutionnelle, demande au président de la République, garant de la Constitution, d’arrêter ces initiatives qui tendent à légitimer la rébellion dans la partie e st de notre pays;
-Il appelle le peuple congolais « à s’opposer à ce projet macabre et dangereux pour la survie de la nation. Eu égard à ce qui précède, le groupe parlementaire « Ensemble » considère la démarche en cours comme un complot ourdi contre la Constitution de la RDC et dénonce le risque de consécration de la balkanisation de notre pays;
– Le groupe parlementaire Ensemble laisse le régime du président Tshisekedi seul devant sa conscience et devant l’histoire pour assumer les conséquences qui découleraient de ces actes préparés en vue de violer la Constitution. »
Exercer les prérogatives constitutionnelles
Le président de l’Assemblée nationale n’a pas considéré le départ des députés d’Ensemble pour la République comme un obstacle à la poursuite des travaux parlementaires. S’adressant particulièrement à Christian Mwando, il a déclaré : « Vous êtes un parlementaire chevronné et personne ici n’organise le référendum. Nous sommes ici en train d’exercer notre prérogative de légiférer. Donc, il ne faut pas chercher à induire en erreur les Congolaises et les Congolais qui nous suivent en donnant l’impression qu’on est en train d’organiser un référendum ici. L’objet de ce texte aujourd’hui est de doter la République d’un cadre légal permettant à notre population, souverain primaire, de s’exprimer sur des questions importantes de la vie nationale. » Avant d’ajouter : « Alors, si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de quitter la plénière. Mais nous, nous pensons que notre Constitution, qui a prévu cette disposition, l’a fait pour permettre aux souverains primaires de s’exprimer sur ces questions importantes. Donc, en toute sérénité, nous allons poursuivre nos travaux, chers collègues. » Après une réunion de crise, l’opposition a décrété « une journée ville morte le mercredi 3 juin prochain », a annoncé Martin Fayulu. Selon lui : « Félix Tshisekedi est en rébellion contre le pays et contre la Constitution. Tshisekedi nous mène en bateau puisqu’ils se sont entendus avec Kagame pour diviser le pays. Ce qui s’est passé au Palais du peuple vise à balkaniser le Congo. C’est pourquoi nous décidons de barrer la route à ce projet. Pour cela, il nous faut des actions sur le terrain.«
Pour sa part, la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) réagi avec fermeté. “Le changement de la Constitution constituait une déclaration de guerre contre le peuple Congolais. Aujourd’hui, en mettant, en poursuivant ce projet, monsieur Tshisekedi s’est mis en rébellion contre la République et a amorcé sa tentative de renverser le régime constitutionnel établi. Ce n’est pas le combat du C64 contre monsieur Tshilombo. C’est le combat de la nation et de la République contre la tyrannie et la dictature”, déclare Delly Sesanga.

