Devant le bâtiment du gouvernorat du Kongo central, des jeunes se recueillent, dimanche 2 août, en mémoire des milliers de Congolais tués dans les conflits qui déchirent l’est de la RDC. A l’occasion de la commémoration du Génocide pour des gains économiques (Genocost), ils appellent à la fin des massacres dans l’Est du pays, à l’unité nationale et à une mobilisation collective en faveur de la paix.
A la place Bula Matadi, des tableaux retraçant les principales dates conflits et mettant en lumière le sort des victimes enfants et femmes enceintes sont exposés au public. Au centre de l’esplanade , le drapeau de la RDC est déployé au sol entouré des bougies allumées, tandis qu’une gerbe de fleurs déposée sur un chevalet, en signe d’hommage aux victimes. Vêtus de noir, les participants observent un moment de recueillement avant d’entoner l’hymne national et plusieurs chants patriotiques, chacun tenant une bougie à la main. ‘’Nous n’oublions pas le mal que la RDC subit depuis des années. Nous avons rencontré cette guerre nous voulons que ça cesse. Nous voulons que la terre de la RDC soit une terre de paix sans guerre afin de travailler pour l’émergence de notre pays.’’, declare Grâce Kiku, présidente des étudiants du Kongo central, à la représentation nationale des étudiants du Congo section du Kongo central. Elle pense aux étudiants qui sont morts à travers cette guerre et à ceux qui ont arrêté les études à cause de cette instabilité.
“Trop, c’est trop”
Ces jeunes pensent que le moment est venu de mettre définitivement fin aux violences qui persistent dans l’est du pays. “Trop c’est trop ! Il faut que cela s’arrête maintenant, au risque de voir cette guerre s’étendre dans d’autres régions du pays. La vie humaine est sacrée et le gouvernement doit prendre des mesures responsables. C’est maintenant ou jamais”, demande Bernard Maduda, jeune patriote. Il dénonce aussi ce qu’il considère comme l’inaction de la communauté internationale face aux massacres. De son côté, Christian Batatuka, acteur du développement communautaire, insiste sur la responsabilité des Congolais dans la recherche de solutions. “Ce ne sont pas les occidentaux qui défendront la cause de la RDC. Le problème du Congo doit être résolu par les Congolais eux-mêmes. Nous devons nous unir pour mettre fin à cette guerre génocidaire qui dure depuis près de trente ans, car nous n’avons qu’un seul pays”
Une pétition initiée
En marge de cette commémoration, une campagne de pétition a été lancée par les organisateurs. Cinquante jeunes ont été formés comme ambassadeurs du Genocost afin de sensibiliser la population et de recueillir des signatures destinées à interpeller la communauté internationale sur les violences dans l’est de la RDC. Selon Simplus Lukau Thomas, président du Conseil provincial de la jeunesse du Kongo central, cette initiative vise à défendre la souveraineté nationale et à exiger une implication plus forte de la communauté internationale. ‘’La RDC est un pays souverain que nous devons protéger. Si notre population continue d’être massacrée, c’est notamment à cause de la convoitise de nos richesses. Nous appelons la communauté internationale à s’impliquer pour mettre fin à cette guerre. Sans paix, il ne peut y avoir de développement”.

