Bombardement de sites des déplacés à Lac-Vert et Mugunga: le ministre Albert-Fabrice Puela appele la communauté internationale à cesser avec l’omerta

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Le soir du vendredi 5 mai, le ministre des Droits humains Albert-Fabrice Puela visiblement en colère, a demandé à la communauté internationale de cesser avec ce que beaucoup de gens appelle l’Omerta. Allusion faite au bombardement des sites des déplacés à Lac-Vert et Mugunga dans le Nord-Kivu en RDC qui a tué et blessé plusieurs personnes.

De noir vêtu, signe de deuil, Albert-Fabrice Puela parle depuis son cabinet. On ne l’avait jamais vu aussi courroucé. « Nous appelons la communauté internationale à cesser avec ce que l’on a appelé l’Omerta.

Indignation et condamnation

Vendredi 5 mai dernier, le M23 et ses alliés ont bombardés les sites des déplacés à Lac-Vert et Mugunga, à 33 km de Goma.
Des sources concordantes parlent de plusieurs dizaines de morts dont six enfants et d’une trentaine de blessés. Le ministre des Droits humains a exprimé son indignation et a condamné le Rwanda, à travers ses supplétifs du M23 et du mouvement de Corneille Naanga.
Cette attaque survint après que la RDC a reçu la visite du Haut commissaire des Nations-Unies aux droits de l’homme mais aussi après la célébration des 75 ans de la signature de la déclaration universelle des droits de l’homme. « Nous ne pouvons pas comprendre, qu’un pays qui est signataire de la convention de Genève de 1949 et de ses protocoles additionnels de 1977 qui interdisent l’attaque des civils ou des biens civils en période de guerre, puisse se permettre d’attaquer une population déjà meurtrie, déjà vulnérable », s’indigne Puela.

Saisir la justice

Malheureusement, les médias en parlent à peine. « Nous ne pouvons pas comprendre que la presse internationale s’adonne plus à mettre en avant ce qui se passe sous d’autres cieux. Lorsqu’on lève le moratoire (sur la peine de mort en RDC, Ndlr), c’est le monde entier, c’est toute la communauté internationale qui se soulève contre la RDC alors que maintenant des paisibles citoyens dont des hommes, femmes et enfants qui ont encore le droit d’aller à l’école et qui ne sont pas des combattants, soient fauchés comme ça. C’est tout simplement grave et ces actes sont constitutifs des crimes imprescriptibles », prévient le ministre des Droits humains. Il estime non seulement qu’il faut saisir le Conseil de sécurité des Nations-Unies mais aussi les juridictions internationales afin, soutient-il, « que le Rwanda qui utilise ses pantins que sont les mouvements rebelles, puisse répondre de ses actes parce qu’il viole le droit international humanitaire ».

Solidaire aux populations du Nord-Kivu

Albert-Fabrice Puela qui exprime sa solidarité aux habitants du Nord-Kivu, fait confiance au président de la République Félix Tshisekedi, garant de la sécurité et du respect des droits de l’homme « pour que les Congolais où qu’ils soient, bénéficient de la sécurité ».