Portées par l’esprit d’Octobre Rose, les femmes de Matadi se sont mobilisées autour de la Conférence internationale des femmes africaines de la diaspora (CIFAD) pour apprendre, partager et s’engager contre le cancer du sein . Une rencontre dans la salle Sacré -Coeur de Kinkanda qui sème des graines d’espérance et de vie.
Plus d’une centaine de participants suivent avec une attention particulière les différents intervenants, qui développent diverses thématiques afin d’approfondir la compréhension du cancer du sein.
Le Dr Jules Diakiese, point focal du Centre national de lutte contre le cancer au Kongo Central, met l’accent sur l’anatomie et la physiologie du sein. « Nous ne pouvons pas parler du sein sans évoquer son origine. Tout commence entre la 4? et la 7? semaine de la grossesse : c’est à ce moment que débute la formation du sein, lorsque l’enfant est encore dans l’utérus de sa mère », explique-t-il.
De son côté, la Dr Anne-Dédé Kinkela, médecin à l’Hôpital provincial de référence de Kinkanda, aborde la notion de cancer. « Les cancers, quel que soit l’organe touché, ont un même type de fonctionnement. Ce sont des maladies provoquées par la transformation de cellules normales en cellules anormales, qui se multiplient de manière excessive », précise-t-elle avant de signifier que le cancer du sein se manifeste « par la présence d’une masse au sein, pouvant modifier sa taille ou sa forme« . Elle évoque aussi les facteurs de risque: l’âge, la génétique, les antécédents familiaux. A propos des méthodes de diagnostic, elle parle de l’échographie et de la mammographie.
Concernant la prévention, elle a insisté sur l’importance de la consultation régulière d’un gynécologue, de la palpation et de l’autopalpation.
Apprentissage de l’autopalpation
La sage-femme Bienvenue Matomene, de la zone de santé de référence de la maternité de Mvuzi, apprend aux participantes la procédure correcte d’autopalpation, un geste simple permettant de détecter précocement d’éventuelles anomalies mammaires.
Un moment d’échange constructif a marqué la conférence, témoignant de la participation active des femmes présentes. « J’ai appris que le cancer peut aussi toucher les hommes. C’est pourquoi je pense qu’il faudrait renforcer la sensibilisation et, pendant des périodes comme Octobre Rose, organiser davantage de dépistages« , plaide Émeline Sassy, participante. « Avec ce que nous venons d’apprendre, nous allons organiser une journée de sensibilisation dans notre structure, non seulement pour les femmes, mais aussi pour les hommes. Nous voulons pérenniser ce que nous avons reçu aujourd’hui », lance décidée Viviane Ngomba, coordinatrice du point focal genre à l’OEBK.
De son côté, Nadine Nseka, présidente du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise conclut: « Si nous avons la connaissance, nous saurons, à temps, prendre les bonnes dispositions. »
A tous ces participants, la présidente de la CIFAD, Clémence Kuamba, lance : « Nous vous disons un grand merci d’avoir répondu à notre invitation. Nous avons marché, parlé, écouté, sensibilisé, mais surtout semé des graines de conscience et d’espérance. Cette journée n’est pas une fin, mais un début : le début d’un engagement continu pour la santé de la femme, pour le dépistage et pour la vie. Que l’esprit d’Octobre Rose nous accompagne tout au long de l’année. »

