Délabrement de la RN14: sit-in de la Lucha agrémenté des pamphlets contre les autorités

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Les militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) militent pour la réhabilitation de la route nationale numéro 14, rond-point Kinkanda- Noki, frontière Congolo-angolaise sur laquelle ils ont organisé un sit-in saccadé par des diatribes contre les autorités et leurs élus.

Il est dix heures à Matadi, sur la route nationale numéro 14 lorsque les militants de la Lucha y font irruption scandant des chansons. “Où va l’argent que génère le péage d’Ango-Ango?”, s’interrogent-ils brandissant des affiches contenant des messages destinés aux autorités provinciales, nationales ainsi qu’à la notabilité kongo. “M. le président Félix Tshisekedi plus de 10 ans que cette route N°14 est abandonnée. Trouvez-nous une solution”. “M.Guy Bandu, un mauvais manager. Incapable de faire un plaidoyer pour la RN14 qui traverse sa capitale”. “Ba députés nationaux musala na bino nini ? (Les députés nationaux, quel est votre rôle ?, Ndlr)”…
En effet, cette route d’intérêt nationale devenue sablonneuse est crevassée depuis plus d’une décennie. “Nous sommes ici pour réclamer la construction de cette route”, circonscrit Kestia Ebothe, militant. Elle est barricadée. Pas de passage de véhicules dans les deux sens, exception faite aux motos.

Fallacieuses promesses

Plus d’une fois, les autorités ont annoncé de manière tonitruante la réhabilitation de cette route. Les travaux eux, peinent à démarrer. C’est encore le cas aujourd’hui selon une autorité qui affirme qu’une maquette existe déjà. Dans leur mémorandum lu par Douglas Mutshipayi, les militants de la Lucha exhortent ces autorités à “élargir la route et à la bétonner pour améliorer la fluidité du trafic et ce, dans un bref délai; installer des feux de circulation ou d’autres techniques de modernisation de la circulation pour réduire les accidents”. D’après eux, ces mesures sont nécessaires pour protéger la santé et la sécurité communautaire.

Sit-in salué

La Lucha promet de continuer à battre les pavés si rien n’est fait. “Nous y reviendrons de temps en temps jusqu’à ce que nous allons obtenir gain de cause”, Tranche Tristan Mavungu . C’est ce qu’attendent beaucoup d’habitants.Trésor, un taxi-moto est l’un d’eux. “C’est trop poussiéreuse, pour me protéger, il me faut un cache-nez, des lunettes sinon je contracte la grippe en une seule journée”, explique-t-il. “Nous sommes fatigués d’en parler. A cause de la poussière, nous avons souffert de la toux. On nous avait déjà déguerpis d’ici en détruisant nos tables sous prétexte de sa réhabilitation alors que cela n’a jamais été le cas. C’est une bonne action , j’encourage la Lucha”, applaudit une commerçante. Bâtonnier du Kongo central Cherine Luzaisu émet une inquiétude : »Il y a un danger imminent et permanent lorsqu’on emprunte ce tronçon très fréquenté par des camions remorques . Les conteneurs peuvent se renverser sur une voiture à tout instant tellement que la route est délabrée. » Une inquiétude qui fait transparaître un SOS.