Albert-Fabrice Puela à Goma: « Le sang congolais vaut le sang ukrainien »

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Albert-Fabrice Puela est à Goma, au Nord-Kivu, en RDC, non loin de Muganga,le camp des réfugiés bombardé par le M23 ,le 3 mai dernier. Avec Modeste Mutinga, son collègue des Affaires humanitaires et solidarité nationale, ils y sont pour inhumer les victimes de cette cruauté mais aussi pour encourager les blessés,occasion pour le ministre des Droits humains de dire son ras-le-bol envers la communauté internationale.

Dans le reposoir de l’hôpital provincial de Goma 35 dépouilles mortelles y sont gardées. Ce sont celles des victimes du bombardement du camp des déplacés de Muganga. Elles grossissent le nombre d’autres dépouilles qui s’y trouvent . Ils ont tous un point commun : victimes des attaques du M23. C’est pour les enterrer avec dignité que le ministre des Affaires humanitaires et solidarité nationale Modeste Mutinga et celui des Droits humains Albert-Fabrice Puela sont dépêchés à Goma. Dans ce même hôpital sont admis aux soins 37 blessés, victimes du bombardement du 3 mai dernier. Puela assis aux côtés de l’une d’elles ,visiblement meurtries, semble dissimuler sa peine pour mieux l’écouter et la réconforter.  »’ Je souffre dans ce lit, je ne sens pas ma jambe gauche,on m’a amputée et je manque à manger ainsi que mes trois enfants. Ce qui m »inquiète, c’est de savoir que je ne saurai plus faire les travaux champêtres pour les nourrir »,larmoie Matendo Faligne peinée de savoir qu’elle portera cet handicap toute sa vie à cause, pointe-t-elle,de Kagame.

Ras-le-bol

La visite terminée, le ministre des Droits humains déverse ce qui fulminait dans son tréfonds: « Nous avons marre de cet omerta,de cette ambivalence de la communauté internationale. » Ce qui l’intéresse, c’est lorsque les hommes politiques sont arrêtés, la levée du moratoire(moratoire sur la peine de morts en RDC,Ndlr). Mais lorsqu’un État (le Rwanda,Ndlr) s’adonne à des violations systématiques et systémiques de droit international humanitaire,la communauté internationale est aux abonnés absents. »

Textes bafoués

En sa qualité de ministre des Droits humains,Puela se sent très indigné. La convention de Genève de 1949 et son protocole additionnel de 1977 qui disent clairement que pendant la période de guerre,il y a des sites que l’on attaque pas: un hôpital,un camp des déplacés… »La guerre, c’est contre les forces combattantes et non contre les civils »,rappele Puela.

C’est depuis plusieurs années que des Congolais sont tués à l’est de la RDC à cause notamment des richesses de son sol et son sous sol. Silence radio! C’est à cela que Puela peste: »Le sang des Congolais, vaut le sang des Ukrainiens . »

Dans la suite des membres du gouvernement,le directeur général Lucien Lundula du Fond national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflit et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (Fonarev) , structure qui va prendre en charge notamment les frais d’hospitalisation des blessés.