Emeutes de Kimpese : la commission interministérielle propose la convocation du gouverneur, de l’administrateur du territoire… à Kinshasa

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Les manifestations des habitants de Kimpese dans le territoire de Songololo contre l’insécurité grandissante dans leur cité ont suscité un vif intérêt du gouvernement national que provincial. Les échauffourées du 29 et 30 janvier ont entraîné des pertes en vies humaines, plusieurs blessés et des dégâts matériels importants. Ce qui a fait que le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo puisse initier une commission interministérielle pour en établir la lumière. Elle propose la convocation à Kinshasa de certaines autorités.

Pendant trois jours, cette commission s’est entretenue avec les autorités politico-administratives ainsi que les forces vives de la cité de Kimpese au terme duquel elle pointe du doigt les animateurs de la province.
La commission interministérielle établit en effet l’absence d’une bonne coordination des autorités politico-administratives de la situation sécuritaire, le déficit de collaboration entre les services de sécurité et les autorités politico-administratives notamment l’administrateur de territoire de Songololo mais aussi la passivité et le manque de sens d’anticipation de l’autorité provinciale malgré le rapport sécuritaire lui transmit par les services. En sus, cette commission évoque également l’absence de toute initiative de répression des auteurs de crime décriés par les parquets civiles que militaires. Le laxisme de certains éléments de la police vis-à-vis des délinquants ayant créé la méfiance totale dans le chef de la population.

A cela, il faut ajouter aussi la surfacturation forfaitaire par la Société nationale de l’électricité (Snel) et la Régie de distribution d’eau (Regideso) de consommation domestique ainsi que la fermeture depuis douze ans de la cimenterie nationale (Cinat), principal employeur de la population de Kimpese réduite depuis lors au chômage. Ce constat que fait cette commission est lu par Albert Fabrice Puela, ministre national des Droits humains.

Mesures

Face à cette indifférence inouïe des autorités politico-administratives du Kongo central à lutter farouchement contre l’insécurité qui n’en finit pas dans la cité de Kimpese, la commission interministérielle prend une série de mesures. Elle décide donc de “rappeler à l’immédiat à Kinshasa pour consultation le gouverneur de province du Kongo central et l’administrateur du territoire de Songololo, mettre à la disposition de la justice militaire des éléments des FARDC et de la police nationale congolaise (PNC) qui ont ouvert le feu sur la population et l’organisation imminente des audiences foraines à leur égard, rappeler à Kinshasa le commandant du commissariat territorial administratif intérimaire de Songololo pour des mesures disciplinaires, le commissaire général de la PNC, renforcer les dispositifs militaires à Kimpese,installer à Kimpese l’administrateur du territoire assistant chargé des questions politiques et administratives jusqu’à nouvel ordre, restructurer immédiatement la police du territoire de Songololo”.

Ce n’est pas tout. Elle évoque la nécessité de dotation de compteur de direction générale de la Snel et de la Regideso à l’agence de Kimpese pour une consommation réglementaire. Elle signalé dans cette optique que les travaux de rénovation des infrastructures de la Cinat tel que promis par le chef de l’État sont en cours.

Les affrontements du 29 et 30 janvier dernier entre la population et les policiers ont causé la mort de quatre civiles et de trois policiers. Il y a aussi quatre policiers blessés et 15 civiles qui poursuivent des soins dans les formations médicales de Kimpese aux frais du gouvernement central. Dans l’entre-temps, à Kimpese, après ces incidents, des mesures conservatoires ont été instaurées notamment le couvre-feu de 20 heures à 6 heures et la patrouille mixite FARDC- Police